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Constellations, par Daryl & Popcube

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Autant se l’avouer tout de suite, je ne crois pas que je réitérerais l’expérience de la critique vidéo tout de suite, pour deux raisons principales :

– Matériellement, ce n’est pas au point, tant sur la qualité du son que sur la stabilité de l’image.

– Sur le fond ensuite, je me rends bien compte que c’est trop court et difficile d’argumenter un avis par oral, en ce qui me concerne en tout cas, il me faut mieux prendre le temps de digérer un ouvrage et d’exposer clairement mes idées.

Donc, je repart sur mon coup de cœur du moment :

Constellations : Les Anoraks (tome 2) par Daryl & Popcube (Label Araignée – Ankama)

Couverture de Constellations : Les Anoraks

Couverture de Constellations : Les Anoraks

Mon intérêt premier pour ce titre provient tout d’abord de son scénariste, Daryl, également connu sous le nom (d’emprunt, n’en doutons pas) de David Calvo, à qui l’on doit le scénario de Kaarib avec Krassinsky, et deux de mes romans préférés, à savoir Wonderful (Bragelonne) et Minuscules Flocons de Neige Depuis 10 Minutes (Les Moutons Electriques), entres autres.

Il y déploie systématiquement une sensibilité poétique et parfois violente (non, ce n’est pas contradictoire) qui me touche énormément. Univers poétique que l’on retrouve dans les deux tomes de Constellations, le tout servi par le trait personnel de Popcube, qui n’est pas aussi « manga » qu’on pourrait le croire. Je lui trouve personnellement une qualité « primitive » au sens primal du terme qui sied tout particulièrement au récit.

Récit, qu’il faut bien pitcher,  j’emprunterais donc les propres mots des auteurs à cette fin : « Constellations raconte l’histoire d’un camp de réfugiés, coincés dans un stade par un ennemi inconnu. C’est l’histoire de leurs espoirs et de leurs angoisses mais aussi de leur combat pour la liberté. C’est une métaphore sur la personnification des étoiles, et sur la révolution noétique. C’est aussi un hommage au punk-…rock.  »

La ou le premier tome (disponible gratuitement en téléchargement chez Ankama) posait le décor et introduisait les personnages, le second tome laisse éclater une tension palpable et lance un récit presque mythologique entre plusieurs visions de la vie dans le Stade et les espérances au-delà de celui-ci.

Prévu, sauf erreur de ma part, en trois tomes, je croise les doigts pour que le récit arrive à son terme comme prévu, inquiétude  alimentée par l’incroyable silence entourant cet ouvrage, introuvable en librairie de bande-dessinée à Nantes ou à la FNAC à mon grand désarroi. Ankama est une maison connue pour supporter des projets plus difficiles grâce a ses licences florissantes, mais je ne peux m’empêcher de me demander quelle a été la présentation et la communication faite autour de cet ouvrage à la professions des libraires et aux lecteurs, tant il semble généralement ignoré.

Alors, si par ce modeste billet, je vous ai donné envie de faire commander cette belle histoire à votre libraire, ce sera déjà mission accomplie !

Le blog de Popcube, avec de beaux dessins.

Le site de Daryl, avec notamment des textes disponibles gratuitement !

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Phylactères.tv : Quai d’Orsay & Pluto

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Une première vidéo, un test, si c’est concluant et que ça plait/intéresse, j’en referais probablement d’autre c’est plus rapide à faire et plus spontané que des critiques écrites.

Il en reste un peu, je vous le mets quand même ?

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Totalement à l’abandon depuis Février, je reviens sur ce blog, après un déménagement chaotique et un changement de boulot, sur les 2 mois passés avec un pot (pas si) pourri de news, plus ou moins fraiches, de critiques éclairs et de mini-reports.

On commence avec la Soirée Gasp! , sous l’égide de l’asso Vide Cocagne, ma première sortie nantaise.

Affiche de la soirée Gasp!

Affiche de la soirée Gasp!

L’affiche donne clairement le ton, une baston de dessinateurs sous fond de bonne musique. Comment ne pas se laisser tenter par un tel programme ?

Vous pouvez admirer ci-dessous une partie des performances, réalisées via retroprojecteurs, un florilège de personnages hauts en couleurs, et l’absence cruelle de filles malgré la présence annoncée de Delphine Vaute, que je n’ai pas vu (ou alors elle est très forte en déguisement).

On pouvait aussi trouver à la soirée pas mal de fascicules, bouquins et fanzine comme Soudain! ou certaines œuvres de l’affreux Terreur Graphique, déjà auteur de l’affiche de la soirée (ah, on me glisse dans l’oreillette que pas du tout, il s’agit d’une œuvre de Matt Dunhill, qui est bien plus sexy que les autres.)

Critiques expresses :

Pluto d’Urasawa d’après Tezuka, c’est vachement bien, c’est Dickien, mais ça sort à l’allure d’un chien à 2 pattes. Résultat, j’ai commandé la suite dans la langue d’Oscar Wilde…

– Dans un élan d’euphorie, j’ai acheté l’intégrale de Gus et d’Isaac Le Pirate de Christophe Blain. Inutile de préciser que je suis frustré par la non-fin d’Isaac et que ce n’est pas l’annonce de Quai d’Orsay chez Dargaud qui va sécher mes larmes. Je veux la fin d’Isaac et encore des aventures hautes en couleurs de Gus.

– Ed Brubaker et Sean Phillips forment une équipe formidable, ils pondent 5 tomes de Criminal impressionnants de maitrise et de noirceur et se permettent quand même de sortir Incognito, mélange réussi entre les code du polar et du super-héros pulp, le tout sans jamais de manichéisme. Balaise.

Une couverture d'Incognito, par Sean Phillips

Brèves :

Adèle Blanc-Sec est une farce navrante. Certes la photo et les costumes sont sublimes, mais les acteurs sont ridicules et le scénario est abominable d’humour sans finesse. Quand à la réalisation, la juxtaposition de bullet-time et de narration mièvre à la Amélie Poulain m’a fait vomir de dépit.

Un bras de fer qui semble assez mal barré s’est engagé entre les auteurs de BD et leurs éditeurs, via les syndicats d’auteurs. La source de tous les maux ? Les droits autour de la bande-dessinée numérique, ou plutôt des adaptations vers formats numérique. Actu à creuser parmi la revue de presse du SNAC.

D’ailleurs, l’une des grosses actu, c’est l’arrivée de l’iPad sur le marché. Beaucoup sont enthousiastes sur la bête, surtout en ce qui concerne les parutions des gros éditeurs de comics. Je conçoit l’intérêt de recevoir ses comics single sur un terminal portable, mais pourquoi au même prix (les couts d’impression se sont envolés), quel impact sur les boutiques et puis bon, je reste quand même un inconditionnel du livre papier, surtout quand je vois de belles éditions hardcover ou même carrément les éditions Absolute de DC…

On continue cette rétrospective avec la rencontre/exposition organisée à la librairie de La Machine autour de Tanquerelle et Yann Benoit.

J’avais déjà parlé de La Communauté dans un précédent billet, les deux auteurs ont confirmé tout le bien que j’en pensait, deux mecs simples et abordables, surtout après une téquila sunrise et des olives. J’en ai profité pour glaner une dédicace de La Vierge Froide (avec De  Bonneval, dont on reparlera bientôt à l’occasion du festival A2Bulles 2010 à Niort)

Critiques expresses (bis) :

– Quelque peu intrigué (voire agacé) par la hype qui l’entoure, j’ai mis la main sur deux bouquins de Bastien Vivès : Dans Mes Yeux et Pour l’Empire (avec Chabanne).

Le premier m’a surtout bluffé par le parti pris des couleurs au crayon, même si la couverture est atrocement ratée de ce point de vue, l’intérieur est sublime. Le scénario, une fois passé le coté « caméra subjective » est sympathique, sans non plus d’appel au génie.

Le second m’a tout autant bluffé au niveau de la colorisation, alors que la technique est totalement différente (par contre, ce n’est pas Vivès qui la réalise cette fois-ci mais Sandra Desmazière, qui mériterait autant que les deux mecs d’avoir son nom en couverture, mais passons…). Niveau scénario, je suis plus conquis que pour Dans Mes Yeux, mais bon, je suis un mec, je préfère les histoires de soldats aux histoires d’amour déçues.

Reste que j’attends encore de retrouver un album de Vivès qui me fasse autant marrer que ses notes de blogs, avec cet esprit cynique assez pertinent.

Vitesse Moderne de Blutch m’a déconcerté. Mais il m’a suffisamment bien déconcerté pour que j’achète sans hésitation Peplum. Retour à suivre.

– Les tomes 2 à 4 de l’édition hardcover de The Walking Dead sont aussi bons et désespérés que le premier. Le cauchemar sans fin continue, les zombies ne sont toujours qu’un prétexte à l’horreur humaine. Le tome 5 est attendu avec impatience et le projet d’adaptation TV qui prend forme sous le patronage de Frank Darabont est diablement intriguant.

Et pour finir, une invasion, parce qu’il faut conclure.

Interview : Kness pour CFSL Ink

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Aujourd’hui j’ai le plaisir de poser quelques questions à Karine, alias Kness, coloriste de bande-dessinée (Natty, Le Monde de Lucie), l’une des fondatrice du forum Café Salé et tête pensante de la jeune maison d’édition CFSL Ink, qui fête sa première année le 1er Mars.

Bonjour, Kness, est-ce que tu pourrais nous résumer ton parcours personnel et professionnel,  la création de la communauté Café Salé, et finalement l’évolution vers CFSL Ink ?

Oui je peux ! Alors j’ai commencé par le webdesign et la couleur BD avec Bengal et Jean-David Morvan. Parallèlement à mon job de coloriste, j’ai fondé CFSL.net avec Bengal au tout début, en 2002, puis le forum a grandi jusqu’à atteindre aujourd’hui 20 000 membres.

Le Forum Café Salé

Le Forum Café Salé

En 2009, la maison d’édition CFSL Ink est née de notre association avec Ankama Editions, nous souhaitions pouvoir développer nos projets éditoriaux de manière indépendante après le succès des trois premiers artbooks. Aujourd’hui notre maison d’édition a tout juste un an et nous sommes fiers de pouvoir compter des auteurs tels que La Grenouille Noire, et toutes les formes possibles du collectif CFSL !

Est-ce que l’association CFSL, créée pour le forum, existe-t-elle toujours ou s’est-elle fondue dans CFSL Ink ?

L’asso existe toujours et elle continue à gérer le forum entre autres. Elle nous permet d’organiser des choses de manière plus informelle que la société par exemple.

Locaux CFSL

Les locaux de CFSL Ink, lors de premier workshop (photo par Calamity)

Concrètement, CFSL Ink, c’est combien de personnes ? Une organisation virtuelle, un bureau à Ankama, un CFSL Building au cœur de Gotham ?

Un CFSL Building au coeur de Gotham ! C’est un bureau à Paris dans un grand bureau appartenant à Ankama, avec des voisins super sympa comme No Life et Gameblog. On est 3 actuellement à travailler dans les bureaux.

Aujourd’hui quelle serait la place de CFSL Ink au sein de la nébuleuse Ankama ? Un électron libre supporté financièrement ? Un laboratoire ? Un vivier de graphistes via le forum ?
C’est un peu tout ça en même temps j’ai envie de dire. On est à la fois libres et très soutenus par Ankama Editions, ils ont une expérience et un savoir-faire qui sont essentiels pour nous, et en même temps les auteurs sont libres de naviguer entre CFSL Ink qui est un peu la petite structure éditoriale et Ankama Edition qui devient une plus grosse machine. Il y a aussi des « territoires » propres à chacun, par exemple on ne fera pas de manga, on est plutôt côté beaux livres, artbooks et projets indés/underground. C’est une sorte de symbiose en fait !

Est-ce que le fait de s’appuyer sur Ankama vous permet une certaine prise de risque au niveau des projets ?
Alors j’ai envie de dire oui et non, on peut prendre quelques risques en prévoyant plus de titres que si l’on était seuls par exemple mais on fait également très attention à nos ressources et on prend nos projets vraiment au sérieux. Il n’est pas question pour nous de tout tenter pour voir ce qui marche !

L’activité de CFSL Ink actuellement est constituée des art-books du forum, les Shuffle et les Carnets de la Grenouille Noire. CFSL Ink restera-t-elle avant tout des art-books ou est-ce une collection BD va se construire autour des Carnets ?

Artbooks Shuffle

Les artbooks thématiques Shuffle

La série des Carnets de la Grenouille Noire va comprendre dix bouquins, c’est déjà une petite collection à elle toute seule. Après on est pas fans du concept de collection, on préfère que chaque projet vive sa vie, avec son format, son auteur, son public. Je n’ai pas l’impression que le public s’identifie vraiment aux collections BD en fait, c’est surtout un bon prétexte pour avoir des prix chez l’imprimeur ! On va continuer à faire des BDs mais je pense pas que l’on tombe un jour sur des albums cartonnés 46 pages chez CFSL Ink, on sera toujours dans quelque chose de différent. De toutes manières 46 pages c’est trop court !

On va continuer à éditer des Artbooks, c’est certain, de plus en plus beaux et qualitatifs, avec quelques bonnes surprises en fin d’année !

CFSL Ink c’est également l’organisation de workshops, quel en est l’objectif en tant qu’éditeur et le bilan ? Est-ce que cette activité va se prolonger au niveau des ouvrages avec des tutoriaux par exemple ?
Les workshops sont tout neufs, notre objectif est purement « éducatif » si on peut dire ça comme ça. L’idée derrière ces ateliers c’est de plus ou moins reproduire le forum en vrai. On va poursuivre l’expérience, ça nous a vraiment beaucoup plu et je pense que ca a plu aux personnes qui y ont assisté aussi ; côté profs tout le monde avait l’air ravi. Bien sûr on va essayer d’éditer quelque chose en rapport avec ces workshops, la forme reste à définir, on espère au moins un DVD.

Au bout d’un an d’existence de la structure CFSL Ink, quel bilan ? Quelle est la plus grande satisfaction ? Les plus grosses attentes pour les années à venir ?

Pour un bilan c’est un peu tôt au bout d’une année, on est très contents que les gens répondent présents à chacun de nos rendez-vous, que ce soit une sortie de bouquin, un atelier, une proposition comme le collectif Brume, il y a toujours beaucoup d’enthousiasme autour de CFSL et c’est ce qui nous motive le plus.

Si j’avais une attente ça serait sûrement un peu plus de reconnaissance du boulot d’Igor sur les Carnets de la Grenouille Noire, on aimerait vraiment que ce livre soit lu et vu à la hauteur de ce qu’il est : un grand bouquin petit format ! On aimerait développer de plus en plus ces projets avec les auteurs, et leur rendre ce qu’ils nous apportent tous les jours, une certaine passion, un certain regard sur l’image aujourd’hui.

Collectif Brume

Le teaser du projet Brume

D’ou vient l’idée du projet Brume ? L’association est venue vous voir ou est-ce que c’est un projet maison ?
Le projet Brume vient de moi en fait, c’est une idée que j’avais eue il y a deux ans suite à mes participations au comics collectif Flight, puis au Totoro Forest Project, j’avais vraiment envie de faire quelque chose qui soit proche de mes convictions personnelles avec un livre et plein de gens doués (vu qu’il y en a plein sur le forum !) On va donc enfin le réaliser et j’ai hâte de voir ce que ça va donner !

Le Café a vu émerger de nombreux artistes, a également été un forum fréquenté par de nombreux professionnels, quelles seraient la ou les trajectoires d’artistes « résidents » à retenir (pas forcement dans un cadre de BD par ailleurs) ?

On a quelques schémas qui reviennent souvent quand on regarde le parcours global de ‘nos’ artistes. On a les gens qui arrivent sans trop savoir que faire, qui aiment bien dessiner mais qui n’ont pas de technique et s’ils arrivent à mettre à profit la communauté et les conseils des gens, on les retrouve deux ou trois ans plus tard dans une boîte comme Ankama, Ubisoft, Don’t Nod (le studio de Jeu vidéo d’Aleksi Briclot) ou d’autres sociétés avec un département créatif très qualitatif.
On a les étudiants qui viennent pour s’améliorer, c’est un peu leur cours du soir.
Et on a les pros qui sont déjà là qui viennent pour se renouveler et prendre un grand bol d’air frais (d’avis frais en l’occurrence).

Forcemment, CFSL Ink est lié à l’internet, quel est votre position vis à vis des terminaux numérique, mobiles ou non, et la publication numérique, notamment de bande-dessinée ? Est-ce que c’est une voie à explorer pour vous, et si oui, de quelle façon ?
Pour nous la BD numérique est un objectif plutôt évident, on a quelques projets dans nos petits cartons numériques, mais comme d’habitude, on prend le temps de bien faire les choses, à notre manière. On a beaucoup d’idées concernant les formats numériques qui ne sont pas forcément les idées bien répandues maintenant avec toutes les études et débats sur le sujet. Je pense qu’aujourd’hui les éditeurs sont frileux et espèrent une manne financière, un nouveau marché, sans trop se mouiller. Ce n’est pas vraiment notre façon de penser !  On va y venir, mais pour le moment c’est encore un peu trop tôt pour en parler…

Encore merci à Kness pour sa disponibilité et ses réponses, je vous laisse avec un autoportrait traditionnel…

Autoportrait Kness

Autoportrait de Kness

… et, tout beau, tout chaud, le visuel de l’Artbook 04, avec une illustration de Gate et Nenent pour la couverture !

Artbook 04

L'Artbook 04 du forum Café Salé

Retours : Les projets de Fred Boot, Pilmix.org et Bleuh

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Petit retour sur les activités de l’ami Fred Boot dont je chroniquais l’album Gordo dans un précédent billet.

Après un parcours en librairie malheureusement peu remarqué, Gordo est désormais à suivre en ligne, initiative des auteurs afin de redonner une seconde vie à cet album décalé. Une histoire à suivre ou à acheter si vous ne pouvez attendre la fin des aventures déjantées du premier singe crooner envoyé sur la Lune.

The Shakers

The Shakers

Parallèlement, Fred a publié un récit « rich media » inspiré des séries d’espionnage tels que « The Avengers » (Chapeau Melon et Bottes de Cuir) ou « The Persuaders » (Amicalement Votre) : The Shakers. Même si je ne suis pas convaincu par l’alternance de format narratif, on y retrouve néanmoins toujours le graphisme si particulier de Mr Boot et un esprit irrévérencieux et savoureux.

Finalement, on était en attente du prochain album, Rainbow Mist, scénarisé par Léo Henry à L’Atalante, ce ne sera finalement pas chez l’éditeur nantais, malgré un album déjà terminé. Espérons qu’il trouve acquéreur chez un autre éditeur.

On a déjà parlé de la bande-dessinée numérique à de nombreuses reprises sur ce blog, voici que j’attire votre attention sur une association dédiée à celle-ci, dont je suis le Trésorier, Pilmix.org.

Je vous invite à parcourir le blog et la page Facebook de l’association afin de découvrir les projets à destination des auteurs et des lecteurs de bande-dessinée numérique et à rejoindre l’Assemblée Générale virtuelle si vous voulez participer aux débats et projets.

Finalement, toujours sur la bande-dessinée numérique, je ne peut que vous supplier d’aller ou de retourner sur le blog de moon, Bleuh, car le petit homme bleu y continue de dérouler une synergie étonnante entre blog-bd, flash, interactivité et de développer un certain esprit communautaire très sympathique !

L’iPad n’apportera rien à l’amateur de BD !

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2 iPads, l'un présentant l'interface iBook Store et l'autre la visualisation d'un eBook.

Présenté depuis aujourd’hui au public, l’iPad était depuis quelque mois l’objet de toutes les rumeurs, toutes les convoitises, de tous les espoirs, et ce y compris au sein du petit monde de la bande-dessinée.

Pourtant ces espoirs sont clairement déçus, mais faut-il s’en étonner ? Apple décline ici ni plus, ni moins que la même politique liée à l’iPhone, un objet design mais pas aussi puissant qu’il pourrait l’être et complètement verrouillé par un système d’exploitation propriétaire.

Du point de vue de la bande-dessinée, aucune innovation particulière n’est à attendre, nous allons assister à un simple portage du contenu actuel proposé pour iPhone par toutes les compagnies du marché vers l’iPad, toujours les même difficultés à convertir du contenu vers un format lisible par le terminal numérique (iPhone, iTouch ou iPad), le même circuit de distribution fermé et monopolaire, la même commission empochée par Apple sur le prix de vente (30% du prix de vente final) et le même contrôle du contenu puritain (notamment en ce qui concerne la nudité – on est pas près de voir du Manara sur iPad !).

Ajoutons à cela l’impossibilité pour le Safari de l’iPad de lire du Flash (on ne pourra donc pas lire les créations de Balak ou de Moon), aucune connectique autre que le Dock propriétaire similaire aux iPods et iPhones (pas d’USB, ne pensez même pas à prêter un livre ou un BD, ou à en offrir sans passer par l’iBook Store nouvellement inauguré) ou encore une connexion internet 3G optionnelle (avec des forfait datas limités ou non) alors que même l’iPhone est passé à la 3GS, évidemment plus performante.

Coté confort de lecture, on ne pourra pas nier l’ergonomie du multitouch, certes, mais l’écran rétro-éclairé n’est certainement pas le moins fatigant pour les yeux surtout en comparaison avec les ebooks à encre électronique, qui ne nécessitent pas, eux, de rétroéclairage.

D’un point de vue créatif, c’est également peu encourageant, la présence du multitouch et de l’accéléromètre (qui permet aux iPhone et iPads d’ajuster l’orientation de l’affichage de l’écran en fonction de la position de l’objet) pourrait permettre de rêver à des narrations différentes, à des progressions autres, à des effets inédits, mais les auteurs auront-ils accès facilement à ces fonctions pour les modeler facilement ? De plus, lors d’un tour d’horizon sur Facebook et Twitter, j’ai bien remarqué une certaine déception chez certains dessinateurs de comics ou de webcomics, qui espéraient clairement un prolongement de l’App Brushes et la présence d’un stylet adjoint à l’iPad pour permettre une nouvelle forme de création (et pourquoi pas imaginer une forme de dédicace virtuelle des bandes-dessinées ?).

Bref, en un mot comme en cent, il me semble acquis que l’iPad n’est pas la révolution attendue et qu’il faudra reporter nos espoirs vers des versions futures du produit ou vers la concurrence. Mais peut-être que le temps me donnera tort, et que l’effet de mode générera des usages différents, des consommations différentes, qu’en pensez-vous ?

Bouncer, La Communauté et Les Carnets de La Grenouille Noire

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Nous revoila avec une série de chroniques !

Bouncer (7 tomes) par François Boucq et Alejandro Jodorowsky (Les Humanoïdes Associés)

Couverture du T.2 de Bouncer

Ma première rencontre avec l’oeuvre de Jodorowsky remonte à mon enfance et un premier contact avec la série du Lama Blanc, qui m’avait laissé à la fois fasciné et dubitatif, l’étrangeté inhérente aux idées et histoires développées par le scénariste chilien m’avait longtemps éloigné de ses bandes-dessinées, les considérant comme des objets sans queues ni têtes.

Évidemment, quand on connait le foisonnement du monde de l’Incal et de ses spin-offs, ce fut probablement une belle erreur ! Erreur que je me suis attelé à réparer en me lançant, un peu au hasard, sur conseil de mon libraire dans la série Bouncer.

Dessinée avec maestria par François Boucq, qui déroule des décors sublimes et gigantesques et nous sert une gallerie de gueules cassées, de femmes fortes (et vicieuses !) et d’ignobles salopards, on est porté dans un mélange jouissif de tragédie grecque ou shakespearienne et de western de série B voire Z.

Jodorowsky n’hésite pas à donner dans l’ignoble, le glauque sans altérer pour autant l’esprit épique inhérent au genre du western. Décliné en 3 cycles de 2 ou 3 tomes, Bouncer est une belle découverte.

La Communauté (2 tomes) par Hervé Tanquerelle et Yann Benoit (Futuropolis)

Couverture du T.1 de La Communauté

Dans un genre totalement différent, nous voici devant un reportage BD sur un sujet atypique : une communauté autonome post-Mai 68.

Basé sur des conversations d’Hervé Tanquerelle (Le Professeur Bell avec Sfar ou La Vierge Froide basée sur les nouvelles de Jorn Riel) avec le père de sa compagne, Yann Benoit, qui fut l’un des acteurs principaux d’une communauté autonome fondée dans les années 70 aux portes de la Bretagne : La Minoterie.

Par la magie du dessin, on passe de la conversation proprement dite entre Tanquerelle et Yann Benoit à une projection des dizaines d’années en arrière ou  au fil des questions et des réponses, des commentaires l’on voit défiler la vie de la Communauté, sa construction, son organisation, les relations internes et externe, l’évolution et finalement son éparpillement. Le second tome voit également apporté le point de vue de la compagne de Tanquerelle, qui apporte le point de vue des enfants ayant grandi dans ce contexte particulier.

Jamais monotone ou propagandiste, la complicité entre les deux auteurs et l’inventivité de la mise en scène de Tanquerelle, la multiplicité de sa technique font de ces deux une excellente lecture !

Les Carnets de la Grenouille Noire – Tome 0 : Conscient de Vacuité & Tome 1 : The Moo Factory  par The Black Frog (CFSL Ink)

Les Carnets de la Grenouille Noire T.1 : The Moo Factory

On fini cette série de chroniques par deux bouquins que vous auriez surement pu manquer dans votre librairie de part leur format atypique, deux petits volumes en format bible de poche, et ce serait une erreur !

Premier sorti, le Tome 0 est le récit autobiographique d’Igor, l’artiste qui se cache derrière le pseudonyme et l’avatar de The Black Frog, il y raconte ses angoisses de la page blanche, les débuts, les galères et les conséquences sur la vie quotidienne, le parcours professionnel dans le monde du cinéma et pour finir la découverte des forums de graphistes sur lesquels il a pu lancer ses différents projets de bande-dessinée, jusqu’à prépublier chacun des tomes des Carnets sur le forum Café Salé et de les publier via la structure editoriale issu de ce même forum : CFSL Ink.

Le Tome 1, commence quand à lui les aventures de l’alter-ego de l’auteur, la fameuse Grenouille Noire, son enfance, ses expériences scientifiques menées conjointement avec deux amis jumeaux aveugles, A & B.

On rentre directement dans tout un univers étrange, steampunk, servi par un trait singulier, dont je sais qu’il ne parle pas à tous, mais qui me ravi de part l’ambiance qu’il esquisse et les jeux d’ombres et de matières utilisés. Il se dégage de ce premier tome un esprit farfelu et pourtant sombre, alchimie délicate mais réussie.

J’ai eu la chance de croiser The Black Frog au Festiblog de cette année, et ce fut un réel plaisir de discuter briévement avec cet artiste totalement hors-norme, qui se confond presque avec son personnage, un peu bourru mais surtout bourré de talent.

Vous pourrez trouver sur le site de CFSL Ink quelques pages et un teaser video pour chaque volume, et conformément à la tradition, le Tome 2 est prépublié en ce moment sur le forum de Café Salé.