Dans la foulée du Lille Comics Festival, j’ai acquis une belle cargaison de comics, voila donc une première fournée de critiques !
Wormwood (Deviant Edition 01) par Ben Templesmith (IDW Publishing)

Illustration de couverture et de dos pour Wormwood Deviant Edition 01
Cette très belle édition, hardcover et vernis sélectif, de Wormwood regroupe les deux premières aventures d’un ver de terre occupant un cadavre, se présentant comme un gentleman ne supportant de se voir interrompre au milieu d’une pinte de stout par des entités inter-dimensionnelles et autres monstres peu avenants et se voyant donc, par la force des choses, obligé de sauver son lieu de résidence, notre monde.
Création totalement originale de Ben Templesmith, l’australien nous sert des histoires déjantée et absurdes, renforcée par un style graphique unique entre cartoon et horreur. On y croise des strippeuses gardiennes de vortex dimensionnel, un robot grincheux ou encore un détective fantôme. Un vrai plaisir pour déviants.
Army@love (tome 1) par Rick Veitch et Gary Erskine (DC/Vertigo)

Couverture du premier numéro d'Army@love
On reste dans la déviance avec ce comics de 2007 traitant de la guerre en Afbaghistan, parallèle évident des diverses guerres des dernières années au Moyen-Orient menées par les USA.
J’ai découvert ce titre après la conférence au LCF de Gary Erskine, encreur de la série, ou il traitait des divers problèmes légaux liés à la création des couvertures de la série, problèmes dus à leur nature subversive.
Et de fait, Army@love est une guerre subversive avec son unité MoMo (Motivation & Morale) qui organise des évènement pour les troupes, lance des campagnes de communication en s’appuyant sur les compétences de commerciaux de grande multinationales alimentaires, autorisent les téléphones portables personnels au sein même des combats ou encore organisent de grandes orgies entre soldats entre deux déploiements.
Clairement destiné à un public averti, le titre navigue entre critique féroce des politiques de guerre actuelle et de nombreuse intrigues “amoureuses” et politiques.
Rien que pour cette scène surréaliste d’un support aérien de missiles Air-Sol téléguidé par un solo de guitare, c’est un must. N’ayant lu que le premier tome, je ne saurais dire si l’histoire complète est une réussite, mais en tout cas il s’agit d’un titre à lire ne serait-ce pour son ton irrévérencieux.
The Other Side par Jason Aaron et Cameron Stewart (DC/Vertigo)

Illustration tirée de the Other Side
On change d’époque et de guerre pour The Other Side, qui nous plonge en plein bourbier du Vietnam en 1967.
Le comics suit l’histoire parallèle du Pvt. Everette appelé pour servir dans les Marines et de Vo Binh Dai, engagé volontaire dans les forces de résistance du Vietnam.
Chacun des jeunes hommes se retrouve confronté aux horreurs de la guerre, et leur santé mentale et leur moral en prend un sacré coup au fil des semaines et des mois passé sur le front. Le jeune Marine est hanté par les cadavres de soldats tombés sur le champ de bataille et son fusil qui se met a lui parler, et le jeune vietnamien est poussé par les esprits ancestraux de son pays.
The Other Side ne prend pas parti, Aaron raconte l’histoire parallèle de deux personnes qui finiront par se croiser, fatalement. Cette plongée dans la folie, qu’on rapprochera inévitablement d’Apocalypse Now est superbement mise en image par un Stewart inspiré, qui s’est rendu sur place pour ses recherches, et dont le journal de voyage nous est présenté en fin de volume avec quelques croquis et recherches. Superbe.
Batman : Year One par Frank Miller et David Mazzucchelli (DC)

Couverture de Batman : Year One
On finit cette fournée de reviews par un chef d’oeuvre, ce que je considère comme étant l’essence même de Batman, le Year One écrit par Frank Miller & magnifiquement illustré par le trop rare Mazzucchelli.
Plus marquant encore que The Dark Knight Returns du même Miller, on plonge directement dans l’origine même du vigilante le plus célèbre de l’histoire des comics. Celui-ci est né dans un magazine nommé Detective Comics et c’est bien à ces sources du pulp, du policier, du roman noir que l’on retourne dans cet ouvrage.
Rythmé par les considérations du Lieutenant James Gordon, pas encore commissaire et de Bruce Wayne/Batman. Chacun apprivoisant Gotham City, ses voyous, sa corruption à leur manière, leur chemin se croisant sans cesse.

Planche extraite de Batman : Year One
Le découpage et le trait de Mazzucchelli, tout en sobriété et en précision, font constamment mouche, installant cette ambiance 80′s lourde et poisseuse accentuée par la sublime recolorisation de Richmond Lewis, déjà coloriste original de la série, mais limité à l’époque de la sortie par les palettes disponible pour l’impression sur papier journal.
Cette réactualisation des origines de Batman servira d’ailleurs de base aux non moins excellent A Long Halloween et Dark Victory de Jeph Loeb et Tim Sale, et marquera l’histoire des comics d’une pierre blanche.
Un titre de légende.
Encore une petite merveille de la part de Manu Larcenet. Déjà fan du Combat Ordinaire, Entremondes ou autres Aventures Rocambolesques, je me suis rué vers ce premier tome sur 5 de BLAST.
Premier tome VO des volumes reliés en hardcover, cet ouvrage regroupe les deux premiers arc narratifs de la série, ainsi qu’un épisode bonus, les couvertures de la série et quelques pages de sketches.
Petit retour sur cette ouvrage sorti en 2008, dessiné par l’ami Fred Boot et scénarisé par le stakhanoviste Fabrice Colin.