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Interview : Kness pour CFSL Ink

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Aujourd’hui j’ai le plaisir de poser quelques questions à Karine, alias Kness, coloriste de bande-dessinée (Natty, Le Monde de Lucie), l’une des fondatrice du forum Café Salé et tête pensante de la jeune maison d’édition CFSL Ink, qui fête sa première année le 1er Mars.

Bonjour, Kness, est-ce que tu pourrais nous résumer ton parcours personnel et professionnel,  la création de la communauté Café Salé, et finalement l’évolution vers CFSL Ink ?

Oui je peux ! Alors j’ai commencé par le webdesign et la couleur BD avec Bengal et Jean-David Morvan. Parallèlement à mon job de coloriste, j’ai fondé CFSL.net avec Bengal au tout début, en 2002, puis le forum a grandi jusqu’à atteindre aujourd’hui 20 000 membres.

Le Forum Café Salé

Le Forum Café Salé

En 2009, la maison d’édition CFSL Ink est née de notre association avec Ankama Editions, nous souhaitions pouvoir développer nos projets éditoriaux de manière indépendante après le succès des trois premiers artbooks. Aujourd’hui notre maison d’édition a tout juste un an et nous sommes fiers de pouvoir compter des auteurs tels que La Grenouille Noire, et toutes les formes possibles du collectif CFSL !

Est-ce que l’association CFSL, créée pour le forum, existe-t-elle toujours ou s’est-elle fondue dans CFSL Ink ?

L’asso existe toujours et elle continue à gérer le forum entre autres. Elle nous permet d’organiser des choses de manière plus informelle que la société par exemple.

Locaux CFSL

Les locaux de CFSL Ink, lors de premier workshop (photo par Calamity)

Concrètement, CFSL Ink, c’est combien de personnes ? Une organisation virtuelle, un bureau à Ankama, un CFSL Building au cœur de Gotham ?

Un CFSL Building au coeur de Gotham ! C’est un bureau à Paris dans un grand bureau appartenant à Ankama, avec des voisins super sympa comme No Life et Gameblog. On est 3 actuellement à travailler dans les bureaux.

Aujourd’hui quelle serait la place de CFSL Ink au sein de la nébuleuse Ankama ? Un électron libre supporté financièrement ? Un laboratoire ? Un vivier de graphistes via le forum ?
C’est un peu tout ça en même temps j’ai envie de dire. On est à la fois libres et très soutenus par Ankama Editions, ils ont une expérience et un savoir-faire qui sont essentiels pour nous, et en même temps les auteurs sont libres de naviguer entre CFSL Ink qui est un peu la petite structure éditoriale et Ankama Edition qui devient une plus grosse machine. Il y a aussi des “territoires” propres à chacun, par exemple on ne fera pas de manga, on est plutôt côté beaux livres, artbooks et projets indés/underground. C’est une sorte de symbiose en fait !

Est-ce que le fait de s’appuyer sur Ankama vous permet une certaine prise de risque au niveau des projets ?
Alors j’ai envie de dire oui et non, on peut prendre quelques risques en prévoyant plus de titres que si l’on était seuls par exemple mais on fait également très attention à nos ressources et on prend nos projets vraiment au sérieux. Il n’est pas question pour nous de tout tenter pour voir ce qui marche !

L’activité de CFSL Ink actuellement est constituée des art-books du forum, les Shuffle et les Carnets de la Grenouille Noire. CFSL Ink restera-t-elle avant tout des art-books ou est-ce une collection BD va se construire autour des Carnets ?

Artbooks Shuffle

Les artbooks thématiques Shuffle

La série des Carnets de la Grenouille Noire va comprendre dix bouquins, c’est déjà une petite collection à elle toute seule. Après on est pas fans du concept de collection, on préfère que chaque projet vive sa vie, avec son format, son auteur, son public. Je n’ai pas l’impression que le public s’identifie vraiment aux collections BD en fait, c’est surtout un bon prétexte pour avoir des prix chez l’imprimeur ! On va continuer à faire des BDs mais je pense pas que l’on tombe un jour sur des albums cartonnés 46 pages chez CFSL Ink, on sera toujours dans quelque chose de différent. De toutes manières 46 pages c’est trop court !

On va continuer à éditer des Artbooks, c’est certain, de plus en plus beaux et qualitatifs, avec quelques bonnes surprises en fin d’année !

CFSL Ink c’est également l’organisation de workshops, quel en est l’objectif en tant qu’éditeur et le bilan ? Est-ce que cette activité va se prolonger au niveau des ouvrages avec des tutoriaux par exemple ?
Les workshops sont tout neufs, notre objectif est purement “éducatif” si on peut dire ça comme ça. L’idée derrière ces ateliers c’est de plus ou moins reproduire le forum en vrai. On va poursuivre l’expérience, ça nous a vraiment beaucoup plu et je pense que ca a plu aux personnes qui y ont assisté aussi ; côté profs tout le monde avait l’air ravi. Bien sûr on va essayer d’éditer quelque chose en rapport avec ces workshops, la forme reste à définir, on espère au moins un DVD.

Au bout d’un an d’existence de la structure CFSL Ink, quel bilan ? Quelle est la plus grande satisfaction ? Les plus grosses attentes pour les années à venir ?

Pour un bilan c’est un peu tôt au bout d’une année, on est très contents que les gens répondent présents à chacun de nos rendez-vous, que ce soit une sortie de bouquin, un atelier, une proposition comme le collectif Brume, il y a toujours beaucoup d’enthousiasme autour de CFSL et c’est ce qui nous motive le plus.

Si j’avais une attente ça serait sûrement un peu plus de reconnaissance du boulot d’Igor sur les Carnets de la Grenouille Noire, on aimerait vraiment que ce livre soit lu et vu à la hauteur de ce qu’il est : un grand bouquin petit format ! On aimerait développer de plus en plus ces projets avec les auteurs, et leur rendre ce qu’ils nous apportent tous les jours, une certaine passion, un certain regard sur l’image aujourd’hui.

Collectif Brume

Le teaser du projet Brume

D’ou vient l’idée du projet Brume ? L’association est venue vous voir ou est-ce que c’est un projet maison ?
Le projet Brume vient de moi en fait, c’est une idée que j’avais eue il y a deux ans suite à mes participations au comics collectif Flight, puis au Totoro Forest Project, j’avais vraiment envie de faire quelque chose qui soit proche de mes convictions personnelles avec un livre et plein de gens doués (vu qu’il y en a plein sur le forum !) On va donc enfin le réaliser et j’ai hâte de voir ce que ça va donner !

Le Café a vu émerger de nombreux artistes, a également été un forum fréquenté par de nombreux professionnels, quelles seraient la ou les trajectoires d’artistes “résidents” à retenir (pas forcement dans un cadre de BD par ailleurs) ?

On a quelques schémas qui reviennent souvent quand on regarde le parcours global de ‘nos’ artistes. On a les gens qui arrivent sans trop savoir que faire, qui aiment bien dessiner mais qui n’ont pas de technique et s’ils arrivent à mettre à profit la communauté et les conseils des gens, on les retrouve deux ou trois ans plus tard dans une boîte comme Ankama, Ubisoft, Don’t Nod (le studio de Jeu vidéo d’Aleksi Briclot) ou d’autres sociétés avec un département créatif très qualitatif.
On a les étudiants qui viennent pour s’améliorer, c’est un peu leur cours du soir.
Et on a les pros qui sont déjà là qui viennent pour se renouveler et prendre un grand bol d’air frais (d’avis frais en l’occurrence).

Forcemment, CFSL Ink est lié à l’internet, quel est votre position vis à vis des terminaux numérique, mobiles ou non, et la publication numérique, notamment de bande-dessinée ? Est-ce que c’est une voie à explorer pour vous, et si oui, de quelle façon ?
Pour nous la BD numérique est un objectif plutôt évident, on a quelques projets dans nos petits cartons numériques, mais comme d’habitude, on prend le temps de bien faire les choses, à notre manière. On a beaucoup d’idées concernant les formats numériques qui ne sont pas forcément les idées bien répandues maintenant avec toutes les études et débats sur le sujet. Je pense qu’aujourd’hui les éditeurs sont frileux et espèrent une manne financière, un nouveau marché, sans trop se mouiller. Ce n’est pas vraiment notre façon de penser !  On va y venir, mais pour le moment c’est encore un peu trop tôt pour en parler…

Encore merci à Kness pour sa disponibilité et ses réponses, je vous laisse avec un autoportrait traditionnel…

Autoportrait Kness

Autoportrait de Kness

… et, tout beau, tout chaud, le visuel de l’Artbook 04, avec une illustration de Gate et Nenent pour la couverture !

Artbook 04

L'Artbook 04 du forum Café Salé

Interview : Antoine Brivet

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Après dix bons jours d’interruption due à une grippe H1N1 virale tuberculeuse absolument incurable, nous voici de retour avec une nouvelle interview !

Prévu pour mi-2010 chez Ankama, Tortuga raconte les retrouvailles entre un gouverneur espagnol maître d’une frégate équipée de technologies d’avant-garde, et un ex-flibustier français, revenu d’entre les morts grâce à la magie vaudou, le tout au beau milieu de la mer des Caraïbes.

Scénarisé par Sébastien Viozat à qui l’on doit déjà “Ma Vie de Zombie” avec RaphaelB, Tortuga est dessiné par un nouveau venu dans le monde de l’édition, que l’on n’oserait qualifier de jeune dessinateur, tant il s’est escrimé sur moult projets non édités et dont le trait peut enfin s’exprimer de belle manière sur ce scénario mêlant piraterie et fantastique, Antoine Brivet.

Allons interviewer ce forban.

Illustration d'Antoine Brivet pour le projet Tortuga

- Alors Antoine,  pourrais-tu te présenter pour nos lecteurs ?
Je me nomme Antoine Brivet, j’ai 29 ans, je suis né à Bourg-en-Bresse.
J’ai toujours été féru de bande-dessinée, j’ai passé de nombreuses heures à dessiner avec mon frère Matthieu étant enfant.
Après mon BAC il a fallu faire un choix, n’ayant pas le financement pour entrer dans une école privée de dessin, je me suis inscrit à l’école des Beaux-Arts de Lyon. Je l’ai abandonnée au bout de 8 mois car on me faisait comprendre que la BD n’était pas un art et que je n’étais pas assez “artiste”. Ceci m’a permis de terminer ma première BD avec mon frère au scénario. J’étais fier d’avoir fait 48 planches… C’était le premier projet que j’ai présenté aux éditeurs.

J’ai donc repris un cursus normal, je suis allé à la FAC et j’ai obtenu une licence es Sciences Physiques. J’étais néanmoins toujours déterminé à dessiner mais je savais que je me formerais seul dorénavant, en autodidacte.
Maintenant je vis à Roanne, je suis professeur des écoles. Je jongle entre ma petite famille, le dessin et le boulot.

- Quel a été le déclic en matière de bande-dessinée ?

Quand j’étais petit, au cours d’un voyage de vacances, suite à un plein d’essence dans une station service, mes parents ont eu deux BD qu’ils nous ont données : Blueberry (Angel Face) et Jerry Spring (Le maître de la Sierra). C’est là que je me suis rendu compte que la BD ce n’était pas essentiellement Tintin, Asterix, Gaston… j’ai encore ces BD à couverture souple chez moi d’ailleurs. Et comme à cette époque je me rendais compte que j’avais des facilités à dessiner, je m’y suis mis !

Avec mon frère, nous nous sommes noyés dans les westerns (BD, films, playmobiles) et dans le dessin. Mon frère à toujours été une source de motivation, encore aujourd’hui.

- Quelle a été la genèse d’un projet comme Tortuga ? Est-ce que le forum Café Salé, que tu fréquentes, a joué un rôle dans le projet ?

J’ai travaillé avec Thierry Lamy sur un projet refusé par Septième Choc. Il m’a permis de rencontrer Sébastien Viozat. Ce dernier avait écrit un scénario accepté par Ankama, mais les dessinateurs qui avaient travaillé dessus n’avaient pas convaincu. On a tenté le coup ensemble… et ça a marché.
Je ne pense pas que CaféSalé ait joué un rôle dans la validation du projet. La facilité résidait juste dans le fait que Sébastien avait déjà édité Ma Vie de Zombie chez Ankama avec RaphB au dessin. Ankama le connaissait donc et prenait la peine de l’écouter et de suivre ses projets.
Par contre CaféSalé m’a permis pendant plusieurs années de progresser, grâce aux avis des internautes, je leur en serai toujours reconnaissant. J’essaye d’y participer le plus possible malgré le manque de temps.

- On peut voir sur ton site un certain nombre de projets refusés, penses-tu avec le recul qu’il manquait réellement quelque chose à ces projets ou c’est une question de timing ou de relations ?

Tout d’abord dessiner est une passion, le refus des projets ne m’a jamais dégoûté, ne m’a jamais poussé à arrêter le dessin. L’édition n’est pas une finalité même si ça représente une étape importante, ça montre qu’on a progressé et qu’on a acquis un niveau acceptable. Mon plus grand plaisir c’est de progresser…

J’ai beaucoup travaillé avec un ami journaliste : Jean Abbiateci, il m’a écrit de nombreuses nouvelles, et on a travaillé sur certaines histoires comme Ultima Thulé. Nous étions jeunes, nous apprenions le métier, les projets ont été refusés et c’est légitime…

Ma plus grosses déception, c’est le projet Rituel avec Nicolas Jarry, non pas parce que le projet a été refusé mais parce que j’ai apprécié bosser avec Nicolas, c’était super et j’espère retravailler avec lui un jour. Le projet a d’ailleurs été édité avec Kan-J au dessin : Blackwood chez Soleil.

Ensuite le projet Beowulf (avec Aimeric Vacher au scénario) représentait un tournant dans ma technique d’encrage, le trait n’était pas encore affirmé, je testais… Et malchance, on a su après que le projet Beowulf était développé chez un éditeur. C’est là que CaféSalé m’a permis d’évoluer.

Donc, avec le recul, il semble normal que les projets aient été refusés.

Il faut juste partir du principe, surtout quand on est autodidacte, sans entrée, sans piston, inconnu de tous, que de nombreux projets seront refusés avant l’édition, si édition il y a.

- Quand ton style est commenté, principalement sur Café Salé, on prend souvent en référence Mignola et Risso, principalement pour ta maitrise du N&B. Est-ce que ces auteurs sont des références pour toi ?

Mignola est une référence, il a bouleversé ma vision du noir et blanc quand Hellboy est arrivé en France. Il a une vision tellement juste et si compliquée à produire.
Donc quand on me dit que ça fait “Mignola”, je suis content tant que ce n’est pas une copie ! J’espère apporter ma patte quand même !
Quant à Risso, je dois avouer que je ne le connaissais pas avant que l’on m’en parle sur le forum.

(cliquez pour agrandir)

- Quand on arrive sur un scénario de pirates comme Tortuga, comment appréhende-t-on les recherches, comment constitue-t-on un univers visuel qui soit crédible et qui serve l’histoire ?

En fait les choses se sont faites naturellement, on n’a pas présenté un dossier conventionnel. Sébastien m’a proposé le projet, la piraterie m’a toujours attiré, alors j’ai fait quelques illustrations et Ankama était intéressé. J’ai poursuivi avec des études de persos et bateaux, là encore l’éditeur était satisfait. J’ai donc fait les premières planches et on a signé. En fin de compte ça fait un dossier complet, mais on n’a pas perdu de temps car on était en discussion permanente avec Ankama.
Après je ne me pose pas trop de questions, je fais les recherches en fonction des scènes et Sébastien m’envoie beaucoup de documentation… J’espère que le final sera crédible.

- Quel a été ta relation avec Sebastien, le scénariste, est-ce que c’est très précis ou as-tu une marge de manœuvre ?
Pour le travail avec Sébastien, c’est vraiment une étroite collaboration. Il m’envoie un découpage scène par scène, planche par planche avec les dialogue par case. J’en fais un storyboard, là on discute beaucoup par internet (car il habite à Nantes), on se rend parfois compte que le découpage “scénaristique” n’est pas performant et qu’il faut ajuster, mais c’est rare, Sébastien a une très bonne vision du découpage. Une fois le storyboard fixé j’attaque le crayonné.
Notre relation est saine et honnête car on se dit tout, et on n’hésite pas à changer suite aux remarques de chacun.

Page 4 de Tortuga, du story-board au crayonné (cliquez pour agrandir)

- N’étant pas le premier dessinateur à t’essayer à ce scénario, est-ce que tu as pris connaissance des essais précédents ou est-ce que tu as voulu partir totalement de zéro ?

Non, je suis parti de zéro. J’ai découvert les travaux des autres dessinateurs il y a peu.

- Où est-ce que tu en es de l’élaboration de l’album ? Est-ce qu’il y a eu des cases ou des planches qui ont été des challenges ?

Nous en sommes à 53 planches noir et blanc sur 94 et 30 planches couleurs.
Bien sûr, il y a toujours des cases sur lesquelles on bloque, et parfois ce ne sont pas celles auxquelles on pense de prime abord.
Mais quand même, les cases avec les bateaux (surtout que sur les bateaux espagnols il a fallu intégrer des éléments de machinerie qui n’existaient pas à cette époque) m’ont demandé plus de réflexion et d’huile de coude.
Sur la fin de l’album il y aura beaucoup de mouvement et de baston, là aussi il va falloir être créatif, mais j’adore ça, me frotter à un nouveau challenge.

- Comment se passe la relation avec Virginie Blancher, la coloriste ? Tu visualises déjà des palettes de couleurs ou est-ce qu’elle fait plusieurs essais que tu valides ?

Notre relation est très saine aussi, et très professionnelle.
Nous cherchions un coloriste qui puisse créer une ambiance sans “bouffer” le noir et blanc. Nous avons donc lancé un appel sur différents forums avec un cahier des charges simple : des couleurs en aplats avec une gamme harmonieuse. Virginie nous a envoyé directement ses essais et nous avons été conquis, elle avait tout compris du premier coup.
Je tiens d’ailleurs à remercier toutes les personnes qui ont fait des essais… l’engouement nous a fait plaisir.
Maintenant, lorsque les planches noir et blanc sont validées par Ankama, je les lui envoie avec quelques suggestions pour l’ambiance générale. Une fois sont travail terminé, on parle des différentes retouches nécessaires. Elle est à l’écoute comme Sébastien et moi sommes à l’écoute de chacun. Ce travail à trois est très constructif car nous nous comprenons et nous communiquons.
J’espère travailler longtemps avec elle.

Page 4 de Tortuga, de l'encrage à la colorisation (cliquez pour agrandir)

- Tortuga, one-shot ou éventuelle série ?

Ahah ! A voir avec Ankama. Normalement il y aura 2 tomes minimum, voire trois… tout ça reste à discuter.

- Enfin pour finir, quelles sont les trois dernières œuvres sur lesquelles tu as flashé (BD, Film, Musique, Théatre, etc. ) ?

En BD, Le Marquis d’Anaon (de Velhmann et Bonhomme), toute l’oeuvre de Matthieu Bonhomme (Le voyage d’Esteban et Messire Guillaume) et le Magasin Général de Loisel et Tripp.

En roman, la tétralogie des Rêveurs du regretté David Eddings. Je suis un fan inconditionnel de cet écrivain.

En musique, les trois albums d’Interpol, une valeur sûre.

Et pour finir en animation, Oban Star Racer.

Oui ça fait plus que trois…  ;-)

En tout cas merci pour ce moment, c’est nouveau pour moi. J’espère que Tortuga plaira aux lecteurs, j’ai du mal à me projeter et à imaginer le moment où la BD sera dans les bacs. J’ai trop le nez dedans pour penser à tout ça !
Je travaille encore comme je travaillais il y a dix ans, comme un amateur, à scotcher mes feuilles, à raturer et déchirer, à me salir les mains avec le crayon de papier, à m’endormir sur ma table lumineuse et à commander à la va-vite mes cartouches d’encre au dernier moment…

Au revoir et longue vie à Phylactères !

Auto-portrait en pirate d'Antoine, pour Phylactères.

Un grand merci à Antoine pour sa disponibilité et sa gentillesse, vous pouvez vous rendre sur son site pour consulter les premières planches de Tortuga, ainsi que je ter un coup d’oeil à ses anciens projets. Et comme moi, attendre avec impatience la sortie d’un album qui s’annonce très prometteur !

Interview : moon

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Nombreux sont ceux à avoir suivi avec attention les expérimentations de Balak (1234) sur la bande-dessinée numérique, parmi ceux-là moon a cherché à aller plus loin que l’expérimentation et tente maintenant d’intégrer cette nouvelle dimension de l’art séquentiel sur internet au sein de son blog, “Bleuh, le blog gir- manly de moon“.

For Christo !

La dure tache de l'interviewer.

Comme moon est un gars qui en plus de réfléchir à la bande-dessinée numérique et d’en créer en ce sens, fait feu de tous bois sur différents blogs et sites, j’ai pensé qu’il serait le cobaye parfait pour mes techniques d’interrogation d’interview. Alors sans plus attendre, recueillons les propos de cet étrange bestiole, obsédée par le lait et le chocolat :

- Commençons par le commencement, qui es-tu d’abord ?

Je m’appelle moon et je viens de la Lune (ça te la coupe hein ?) pour analyser le comportement humain. J’aime dessiner des trucs et des bidules, écrire pour les autres (quand l’occasion se présente) et manger du chocolat.

Mais parce qu’il faut aussi une réponse un peu sérieuse, j’utilise ce pseudonyme depuis quelques années et j’ai trouvé logique de le conserver pour mes méfaits créatifs. Et je mange tout aussi sérieusement du chocolat.

- Et depuis cette descente sur Terre, tu as entrepris des études liées aux arts graphiques ?

Absolument pas. J’avais même lâché le dessin plus jeune pour me consacrer à la pétanque spatiale. Puis j’ai repris, doucement il y a quelques années et depuis, je n’arrête plus.

- Et comment est-ce que tu en es venu à publier tes travaux sur Internet ?

Extrait du blog "moon et motte"

Extrait du blog "moon et motte"

Si tu veux signifier par là publication de strips/BD, ça a débuté le jeudi 18 Décembre 2008 grâce à une blogueuse prénommée La Marmotte (moon & mottesur lequel on peut voir le premier essai de moon en BD Flash, ainsi qu’un autre de sa complice du moment) qui a accepté de monter un blog en duo.

Mais, artistiquement parlant, j’ai commencé bien avant sur internet en faisant des petits jeux. Bien aidé par le logiciel *bip* (pas légal en France, on va rien dire hein), je me suis pleinement consacré à l’écriture et la conception graphique et musicale. Le début de tout donc.

Oh, j’ai d’ailleurs un scoop, voici le site où on peut voir la toute première apparition de moon : Moonlite Game Studio.

Qui se douterait qu’il était destiné à autre chose que de la figuration pour logo ? Pas moi.

Logo Moonlite Game Studio

Logo Moonlite Game Studio

- Et donc, question technique, ca marche comment ? Crayons, ordinateur, tablette graphique ?

Un bureau, un ordinateur, 2 bras (les jambes n’étant pas indispensable une fois assis) ET, essentiel, un verre de lait, à côté.

Et même si je fais parfois quelques médiocres petits essais papier, j’avoue être un habitué du travail sur ordinateur et du verre de lait, à côté.

Je possède une tablette graphique (qu’on m’a amoureusement offert) mais je n’utilise actuellement que ma souris ; il faut sérieusement que j’essaye la tablette … celle-ci et celle de chocolat qu’il me reste.

- Tu fais partie de l’équipe éditoriale de Drôle de Capote, est-ce que tu peux nous expliquer comment est né le projet et comment tu l’as rejoint ?


Logo DDC

Le logo de Drôle de Capote.

Eric « Turalo » Dérian (qui si il continue, va finir par dédicacer en prison, - cf. l’affaire du Blog de Franquin), s’était « révolté » de propos tenus par la Ministre du Logement (à relire ici) et a eu cette judicieuse idée de parler autrement de l’usage du préservatif et des autres accessoires de prévention : “Capote is fun !” pour résumer.

J’ai adhéré dès le départ à l’idée. J’ai participé. Un peu. Beaucoup. J’ai couché. Aujourd’hui, je suis donc chargé de réceptionner et valider des idées, des propositions, et j’en écris pour d’autres quand je ne dessine pas moi-même.

L’objectif principal est et restera de faire passer ce simple message que la capote est ludique/amusante à utiliser. Un accessoire de plaisir tout simplement !

D’ailleurs, avis aux créateurs, je communique l’adresse : contact_at_droledecapote.fr

- Dans ton nouveau blog, tu t’es donc lancé dans des notes entièrement numériques, sur le modèle initié par Balak, est-ce que tu avais échangé avec lui avant de les créer ? Dans quelle mesure tu penses que ce format peut changer la “bande-dessinée numérique” ?

Ce n’est que récemment que j’ai écrit à Balak pour lui toucher 2, 3 mots. J’avais connaissance de ses réalisations qui ont été l’un des éléments déclencheurs de mes tentatives.

L’autre étant qu’actuellement, je ne suis absolument pas satisfait de l’offre numérique française. Donc avant de changer la BD numérique, il faudra déjà créer de la BD numérique simple d’accès et inédite ou exploitant intelligemment le support. Paf !

Personnellement, j’aimerais un jour arriver à proposer un contenu exploitant totalement le support numérique.

Et puis, on oppose parfois BD papier et BD numérique. Pourquoi ne pas simplement proposer des choses différentes et se délecter de la pertinence des deux supports ?

- Et donc avec “Bleuh…”, tu as des objectifs en tête, voire des revendications ?

Extrait Bleuh

Extrait de "Bleuh, le blog girly de moon"

J’ai l’objectif de me faire plaisir !

Pour les revendications, à part les conditions de rémunérations qui sont inexistantes, rien, ou alors le fait de pouvoir montrer ce que je fais, tout simplement.

- Y-at-il d’autres voies pour de la BD entièrement numérique selon toi, des champs encore inexplorés ?

Assurément. Mais l’essentiel est que toutes ces voies restent simples et intelligemment exploités. Et la créativité doit rester le maître mot. Il ne faut pas adapter pour adapter. Juste créer.

- Alors on me dit dans l’oreille qu’en plus de tout ça, tu publie également des strips avec un certain Mathieu Sicard sur LePost.fr ? C’est vrai ça ?

Oui, Sicard et moon, avec Mathieu Sicard, un bien talentueux garçon et pas mal beau gosse quand même ! Il se charge de décortiquer l’actu, propose ensuite de pertinentes et amusantes réflexions dessus et je mets en images.

Sicard & moon

Extrait de "Sicard et moon" sur LePost.fr

- Tu produits quand même énormément ! Est-ce que tu as d’autres projets dans ton chapeau pointu en ce moment ?

J’ai des projets, toujours et sur d’autres supports ! Mais on va attendre que ça avance pour en parler…

- As-tu des artistes qui t’influencent ou plus simplement que tu admires ?

Des influences … c’est le genre de question auquel je ne sais pas répondre.
Je dirais : de ce qu’il se passe, de la vie. Je me nourris du monde (rooh elle est énorme cette phrase hein ? ).

Quand à ceux que j’admire … j’ai le droit de me citer ?
Fatalement, je vais te donner les plus récents et pour lequel j’ai quand même un certain attachement.

Eric “Turalo” Derian, qui m’a pas mal bluffé avec Le Blog de Franquin (sur une jolie composition scénaristique du talentueux Piak). Il a fait un monstrueux travail pour réaliser les planches pour internet puis pour tout réadapter au format papier !

Mady ! Elle a un trait, un style, un ton si fluide, si joliment sincère qu’on fond dans ces notes !
Et, eut égard à son talent, je la remercie encore plus d’avoir accepté d’être indirectement présente sur Bleuh !

Et je citerais un autre Eric que j’appellerais Monsieur Viennot tant ses créations sont absolument remarquables. Il fait des jeux, il les fait bien ( entre autre « In Memorian » et eXperience 112 ).

Enfin, je citerais une dernière personne pour qui j’ai une tendresse particulière : Orbie. Elle est de ce charmant pays qu’on appelle le Canada (en Gaspésie, je précise sinon elle va me wizzer sur MSN). Elle dessine, teste, expérimente différentes techniques toujours avec une touchante sincérité ! C’est simplement magique. Allez voir car je n’aurais pas assez de qualificatifs pour elle.

Et même si ils font des choses bien différentes, ils ont cette sensibilité qui transparaît dans leurs réalisations. J’espère avoir un peu de ce talent un jour.

- Merci moon, pour conclure est-ce que tu pourrais nous dire quelles sont les trois œuvres (BD, cinéma, musique, littérature…) qui t’ont marqué récemment ?

Je vais faire simple, 3 BDs : Le blog de Franquin (Eric “Turalo” Derian & Piak, donc), L’île sans Sourire (Enrique Fernandez) & Bulle et Nacelle (Renaud Dillies).

***

Remercions une fois de plus moon pour ses réalisations et également pour ce tutorial à destination de ceux qui désireraient se lancer dans la création de bande-dessinée numérique et donner une autre dimension à leur blog-bd ou webcomics : c’est ici.

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