
Gary Erskine au LCF 2009
Une première visite au Lille Comics Festival, pour la venue de Cameron Stewart, Ramon K. Perez et Karl Kerschl.
Un week-end bien rempli, peu de sommeil, un accès privilégié aux coulisses de l’évènement, des conférences peu fréquentées mais diablement intéressantes, voici un condensé rapide de mes impressions de ce Lille Comics Festival.
Je passe rapidement sur les dédicaces payantes de certains auteurs, dont j’avoue une certaine ignorance de la carrière qui m’ont un peu surpris, je retiens surtout l’extrême gentillesse de Gary Erskine, dédicaçant, en kilt, avec enthousiasme et surtout, lors de la conférence qu’il donnait sur le travail autour de la série Army@Love que j’ai eu l’occasion de traduire pour le public, parlant avec un plaisir évident de son travail, des contraintes, joies et spécificités du métier d’encreur, des “censures” parfois rencontrées sur Army@Love, une mini-série décapante, commentaire social sur une certaine politique de guerre des Etats-Unis, dont je me suis procuré par la suite le premier tome.

Stormtroopers à l'entrée du Festival
Une autre conférence très intéressante dont je fut également l’interprète, fut celle dédiée au webcomics, avec la présence de Ramon K. Perez (Kukuburi, Butternutsquash), Cameron Stewart (Sin Titulo), Karl Kerschl (The Abominable Charles-Christopher) et Mitch Breitweiser (The Futurists). La problématique évoquée fut bien différente de celles évoquées à l’heure actuelle en France, le webcomic étant pour ces auteurs professionnels, non pas un moyen de se faire remarquer et publier, car ce sont déjà des auteurs établis et reconnus, mais de partir sur des œuvres plus personnelles que celles que l’industrie du comics peut leur proposer à l’heure actuelle, de se frotter pour certains au challenge du scénario, d’avoir également tout contrôle sur le création et ne pas être soumis au contrôle d’un éditeur.
La question de la publication papier n’a pas du tout été écartée par ces auteurs, c’est même un but à atteindre, mais en passant par le biais de l’auto-édition afin de pouvoir également obtenir des gains plus substantiels et à terme, c’est en tout cas leur vœu pieux, pouvoir se défaire de travaux mainstream, voire de commande et se consacrer à 100% à leur créations et de pouvoir en vivre complétement.

Votre serviteur, dimanche matin, au milieu d'une salle du Festival encore vide.
Beaucoup d’hypothèses ont également été lancées à propos de la future tablette d’Apple qui serait probablement, et ils comptent dessus, l’e-book parfait pour lire et diffuser du webcomics.
Les autres conférences faisaient la part belle aux éditeurs français de comics, que ce soit Wanga Comics, Kymera ou Merluche, leur permettant de présenter leur catalogues et leurs auteurs, Barry Kitson nous fit part de son parcours dans l’industrie du comics et de l’importance d’être bon au billard pour pouvoir publier dans 2000 A.D. et finalement Gerald Parel et Mitch Breitweiser firent démonstration de peinture numérique.
Ce fut donc un week-end éprouvant mais passionnant, quelques mentions spéciales à David Aja, un auteur adorable et avec qui j’ai beaucoup aimé partager quelques pauses clopes et autres Guinness malgré ma parfaite méconnaissance de son travail ainsi qu’aux organisateurs, tout particulièrement Jean-Louis, Julien et Marion.
Vous pouvez également retrouver un autre compte-rendu du festival sur le site Cable’s Chronicle et les différentes conférences ayant été filmées, elles devraient faire leur chemin sur la toile à un moment donné, je ne manquerais pas de vous en informer.
(Photos prises lors du LCF, tous droits réservés)

La superbe dédicace conjointe de Ramon K. Perez, Cameron Stewart et Karl Kerschl, basée sur leurs webcomics respectifs.